Thursday, January 19, 2012

Notre Haiti

par Ghislaine Charlier

Comme disait le grand Jean-Jacques Dessalines en 1804,  le pays est à nous.
Sauf qu’on n’a cessé de nous le faire payer ... cher, aujourd’hui plus que hier... Quand cela cessera-t-il?

On nous parle d’entente, de réconciliation, de fraternité, d’union avec les affameurs, les assassins du peuple haïtien... C’est vraiment trop tôt. Il faut d’abord que cesse l’emploi de tout ce qui le mène à sa suppression. Après, on verra.

Ce que l’on ne pardonne pas à notre Haïti, c’est sa capacité de résistance, d’abord à l’esclavage, puis à toutes les oppressions nationales et étrangères. Aux yeux des oppresseurs, il semble scandaleux que des Africains esclaves ayant fui dans les montagnes, aient incité les Indiens à la révolte; que la colonisation ayant pris corps, ils aient installé une petite société rebelle au Bahoruco, Boko en Créole, et ailleurs à travers nos montagnes. Qu’au beau milieu de leurs villes et de leurs plantations, hommes et femmes leur aient résisté de manière clandestine; que les affranchis aient réclamé leurs droits les armes à la main et que les esclaves se révoltent en masse et mettent leur pouvoir en péril par l’ascension du grand Toussaint Louverture. Et enfin le comble, que ses partisans et ceux de son ennemi André Rigaud s’entendent contre eux pour s’emparer du pays et en faire leur patrie. Cela, ils ne l’ont jamais digéré et c’est la raison pour laquelle, ayant inventé le préjugé de couleur, ils aient infecté toutes les classes sociales du pays en les persuadant que plus on s’éloigne de la couleur noire de la peau, meilleur on est, ce qui est d’une évidente stupidité. Le Noir existe partout dans la nature.

Allons-nous encore une fois nous laisser mettre en esclavage? Cette fois sous couvert d’aide et autres prétextes? Un jour, la lutte sera à l’échelle mondiale, non plus à celle d’un tiers d’ile, voire d’un continent. Les meilleurs d’entre nous y trouveront leur place. Lutte pacifique, incessante et, à la longue, certainement victorieuse sur toute notre planète.

En attendant, Vive Haïti!

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